Humain? Peut-être. Démon? Certainement!
Je n'ai jamais pu prétendre que j'étais différent. Malgré tous les évènements étranges qui pouvaient m'arriver, je ne me suis jamais senti à part des autres. Certes, l'on disait de moi que j'étais fou furieux, un vrai dément, disait parfois ma mère, mais rien de cela ne m'affectait. Oui, lorsqu'on est jeune, on fait parfois des actes irréfléchis, mais je n'ai jamais pu comprendre pourquoi on m'insultait et on me faisait du tort alors que je ne faisais que me défendre contre ceux qui m'en faisaient! J'ai finalement décidé de quitter ce trou de village après avoir accompli ce que j'avais à faire : éliminer ceux qui m'avaient fait du mal!
Laissant derrière moi un village où désormais le seul son entendu serait celui du croassement des corneilles, je me dirigeais vers la ville nouvellement bâtie de Londres ayant l'intention de m'engager dans l'armée. Je pensais m'engager dans la cavalerie car ce sont ceux sur la première ligne de combat, ceux qui mènent l'assaut contre l'ennemi. En arrivant dans la ville, j'ai décidé, pour me rendre au centre de recrutement, de passer par les ruelles sombres et boueuses du bourg. C'était pour moi les meilleures rues du monde, car étant petit et ayant la peau et les cheveux foncés, je pouvais plus facilement passer inaperçu dans les ruelles que dans les grands boulevards.
En arrivant au centre de recrutement, l'homme présent se mit à m'observer sous toutes les coutures, tel un vrai rapace! Quand je lui dis que je voulais aller dans la cavalerie, il m'observa un moment, prit une feuille, griffonna quelques mots puis m'indiqua une porte menant à un long corridor ou m'attendait un de ces stupides fanatiques religieux qui m'indiqua de le suivre le long du couloir en décrépitude. Il me posa quelques questions auxquelles je répondis sans vraiment l'écouter. C'est seulement une fois rendu au dortoir que je compris que j'aurais dû l'écouter quand il cria aux autres garçons présent que j'avais accepté de passer le rite d'initiation!
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Ils me conduisirent alors dans une petite pièce exigüe qui sentait le moisi et qui tombait en ruine vu la mousse sur les murs. En me retournant, une fois rendu dans la salle, je vis qu'ils étaient cinq. L'un d'eux se dirigea vers un petit hôtel de prière pour y prendre un sac rempli d'objets quelconques qu'il déposa sur la table. À ce moment, le prêtre se retourna vers moi et me dit que je devrais boire une boisson préparée par les membres de mon futur groupe pour être accepté parmi eux. Justement, ces imbéciles me regardaient avec un sourire qui ne me disait rien, mais je m'en foutais! J'allais juste boire cette foutue potion qu'ils allaient me donner pour leur montrer qui j'étais!
Les cinq jeunes s'appliquèrent à la préparation de la potion. Puis au moment de me la donner, Le prêtre rajouta quelques herbes, regarda les cinq jeunes, qui se mirent a rire et me donna la potion. Les regardant dans les yeux avec un air de défi, je pris la potion, l'avala d'une seule gorgée en essayant de ne pas m'étouffer, puis, j'attendis qu'ils me disent que j'avais passé le test, croyant que le rite d'initiation était de boire la boisson infecte qu'ils m'avaient préparée! Mais non! Ils restaient là, à me regarder!Au moment ou j'allais quitter la pièce, fatigué de ces stupidités, je tombai sur le sol, incapable de bouger. Ils se ruèrent alors sur moi, me rouant de coups de pieds partout sur le corps. Les petites herbes du prêtre avaient fait leurs effets. Pensant a ceci, je m'imaginais la correction que j'allais leur administrer dès que j'aurais retrouvé mes moyens! C'est seulement quand je sentis le sang chaud d'un des garçons sur mon poing que je réalisai que je m'étais levé, malgré la drogue, pour me venger de ce qu'ils m'avaient fait subir. Je lâchai la carcasse sans vie du jeune que j'avais rayé de la surface de la terre pour me tourner vers le prêtre qui m'assomma d'un bon coup de crucifix sur la tempe.
Je me réveillai en prison, conscient qu'on allait sans doute me juger coupable de meurtre. Je m'en foutais! Qu'ils mettent fin à ma misérable existence si c'est ce qu'ils désirent! Je m'en fous, je n'ai et n'aurai jamais de remords!
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Après avoir passé quelques jours dans ce trou véreux à boire de l'eau sur laquelle des insectes flottaient, morts, et à manger du pain rassis, j'entendis le son grinçant et métallique de la porte de ma cellule qui s'ouvrait. Endurant la douleur que me causait la soudaine luminosité de la torche, je m'approchai de la porte. Il y avait là six gardes, qui, dès qu'ils me virent, se placèrent en cercle autour de moi, me regardant. Celui qui semblait être le chef de cette escorte pathétique me dit qu'ils allaient m'amener pour que je sois jugé! Pour que justice soit faite! HA! Quelle justice? J'étais prêt à parier que personne ne m'écouterait, peu importe ce que je pourrais dire.
En arrivant dans la grande salle de pierres, je vis qu'il devait bien y avoir une centaine de personnes qui n'étaient là que pour voir ma réaction lorsque la sentence tomberait. Bien sûr, lorsqu'ils me virent, ils se mirent tous à me huer, à me crier des injures et certains me lancèrent même des roches! Je pris finalement place dans la cage dans laquelle j'allais être enfermé pour la durée de mon "juste" procès.
Quand le juge entra, je compris qu'on allait me faire subir la peine de mort pour ce que j'avais fait, car le juge entra suivit d'un cortège qui portait le corps du crétin inférieur que j'avais tué. En voyant le corps, une femme se mit à pleurer et l'homme assit à côté d'elle me lança un regard meurtrier auquel je répondis par un large sourire. Voilà donc les parents de l'imbécile! Voyant cela, le juge leva sur moi un regard haineux puis se dirigea vers son pupitre. IL cogna de son marteau, puis m'accusa du meurtre du jeune homme.
Quand il me demanda si j'avais quelque chose à dire pour ma défense, je me mis à rire en disant qu'il n'avait eu que ce qu'il méritait. Le monde dans la salle se remit à me huer. Le juge recommença alors à cogner du marteau et déclara finalement que ma sentence serait d'être brûlé vif!
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Dès que le juge eut prononcé ces mots, les gardes m'empoignèrent sous les vivats de la foule en délire et me conduisirent sur la grande place ou le bûcher était déjà prêt. Qu'est-ce que j'avais dit; j'étais sûr qu'on allait me condamner à la peine de mort. Les gardes me remirent au soin du bourreau qui me saisit brutalement et me fit avancer jusqu'au poteau planté au milieu du bûcher. J'aurais facilement pu me défaire de cette brute épaisse qui me tenait, mais cela n'aurait servi à rien vu les gardes avec leurs hallebardes, les archers sur les créneaux ainsi que les quelques centaines de bedeaux venus me voir brûler, qui m'auraient exécuté de toute façon.
Le bourreau m'attacha solidement les mains, descendit du tas de bois et me demanda si j'avais une dernière déclaration à faire. En une fraction de seconde, je décidai de lui cracher au visage, ce que je fis avec joie. Furieux, il empoigna sa torche, la lança sur le tas de bois et s'assit sur une chaise à quelques mètres du feu. Dès que la fumée monta à mes narines, je sentis quelque chose changer en moi. C'était comme si nous étions deux dans le même corps et que cette autre personne me contrôlait en partie. Je laissai partir un hurlement que les paysans interprétèrent comme de la douleur, car les flammes commençaient déjà à lécher mon corps. Mais j'étais heureux, une joie pure m'envahissait alors que je comprenais ce qui m'arrivait.
Puis les cordes qui me retenaient au poteau lâchèrent, dévorées par les flammes. Je souris, puis sortis du feu, mes vêtements calcinés sur mon dos et mes bottes enflammées laissant derrière moi une odeur de cendre et des traces charbonneuses, me donnant l'air d'un vrai démon. Les hallebardiers s'enfuirent au même moment où les archers tirèrent leurs flèches qui rebondirent sur mon corps comme sur de la pierre. Je pris une hallebarde, laissée par un des pleutres qui étaient partis à la course, puis me tournai vers la foule pétrifiée. Je me mis à rire, d'un rire de fou qui écorche les oreilles!
Ils allaient tous payer!
Fin